Risques et complications : Pathologie de la valve nasale

11 Septembre 2016 , Rédigé par SNV Publié dans #Risques

 

La valve nasale (Dr Stéphane Liwarek)

 

« Chirurgie de la valve nasale et rhinoplastie »

 

«SI les modifications esthétiques du dorsum n'ont que peu ou pas de retentissement sur la ventilation, la région de la valve nasale est la partie du nez dont les modifications esthétiques sont les plus à même d'influencer la fonction respiratoire.

Même lorsque la rhinoplastie n'est qu'esthétique, il est essentiel que le chirurgien respecte la valve nasale interne sous peine d'entraîner une gêne respiratoire qui n'était pas présente avant l'intervention. C'est pour cela qu'un examen vidéo-endoscopique doit être réalisé lors de l'inspiration et lors de l'expiration afin d'évaluer une anomalie dynamique de la région de la valve nasale.

 

Du test de Cottle à la mécanique des fluides

 

Il existe au niveau des fosses nasales un système de valve qui intervient de façon prépondérante dans le réglage initial du débit aérien.Il s’agit d’un passage étroit situé entre le vestibule narinaire et la cavité nasale, responsable d’environ 1/3 des résistances nasales totales. La valve nasale et sa région, structure dynamique constituée de différents éléments ( de façon simplifiée: cloison nasale, orifice piriforme, tête du cornet inférieur, jonction des cartilages triangulaires et alaires) règlent le flux ventilatoire.

 

La simple manoeuvre du relèvement de la pointe du nez ou l’écartement latéral des tissus nasogéniens améliore l’inspiration et doit attirer l’attention sur la valve nasale. Cette manoeuvre constitue le test de Cottle. Pour examiner le vestibule et la région de la valve, seule l’utilisation d’un endoscope rigide avec enregistrement vidéo en inspiration et expiration permet d’obtenir de nombreuses informations utiles à la décision chirurgicale.

 

Toute malformation ou déformation acquise (résection excessive de cartilages lors d’une rhinoplastie) d’un élément de la pyramide nasale aura un retentissement sur la physiologie de la valve. Ainsi, lors d’une rhinoplastie esthétique, l’intégrité de la valve nasale doit être préservée afin d’éviter toute complication fonctionnelle secondaire.


 

Spreader grafts pour corriger un collapsus de valve

 

Une déformation d’un cartilage triangulaire sera corrigé par une simple résection. Une irrégularité du bord inférieur ou un retournement excessif nécessite une résection afin de rétablir le bon fonctionnement de la valve. En cas d’insuffisance constitutionnelle ou lorsqu’elle survient au décours d’une rhinoplastie, un renforcement de la région de la valve interne par la mise en place de greffons de soutien (spreader grafts) permet de corriger la fermeture de l’angle de la valve nasale.

 

Une déviation du bord caudal du septum, une convexité antérosupérieure excessive du septum peuvent entraîner un collapsus de la région de la valve par fermeture de l’angle. Les différentes techniques de septoplastie sont décrites dans les pages relatives à la chirurgie de la cloison nasale.

 

Il peut arriver lors d’une rhinoplastie que le chirurgien réalise une résection excessive du bord céphalique des crus latéraux, avec pour conséquence un collapsus de la valve nasale externe, responsable au repos d’un défaut majeur de ventilation. Les solutions chirurgicales apportées doivent alors corriger la faiblesse de la région de la valve nasale. De nombreuses techniques ont été décrites au cours de ces décennies, et il convient au chirurgien de les maîtriser afin de proposer au patient la solution la plus adaptée (alar batten graft comme présentée ci dessous).

 

« Rhinoplastie avant/après : Chirurgie fonctionnelle du nez
et collapsus de la valve nasale »

 

Extrait tiré de «Valve nasale - A respecter dans toute chirurgie du nez - Rhinoplastie»


 

Pathologie de la valve nasale (Dr Fréderic Braccini)


"La valve narinaire est constituée en dedans par le septum, en bas par le relief osseux de l'orifice piriforme, et latéralement par la plica nasi (articulation entre les cartilages latéraux supérieur et inférieur) et son prolongement fibro-adipeux, qui la rattache à l'orifice piriforme. L'orifice d'entrée de la valve narinaire est plus étroit que l'orifice profond.


L'apparition d'un collapsus du bord inférieur du cartilage latéral supérieur pour des efforts inspiratoires minimes signe l'existence d'une pathologie de la dynamique de la valve. Celle-ci augmente notablement la résistance aérienne nasale.


L'examen analyse la morphologie de la cloison cartilagineuse, du bord inférieur du cartilage latéral supérieur et de la plica nasi, ainsi que l'angle antérieur formé par ces structures. On recherche en particulier un collapsus narinaire uni- ou bilatéral, une absence de contraction des dilatateurs des ailes narinaires lors de l'inspiration. Les examens complémentaires ont peu d'intérêts pour l'analyse de ce type de pathologie, à l'exception de l'intérêt médicolégal de la rhinomanométrie.

Les atteintes morphologiques :


La diminution permanante du calibre de la valve narinaire signe une pathologie morphologique qui peut être en rapport avec une atteinte cutanéo-muqueuse le plus souvent iatrogène, une déviation ou une résection trop importante du septum, ou encore un geste sur les cartilages latéraux supérieur ou inférieur. Le traitement chirurgical est difficile et fait souvent appel à une rhinoplastie par voie externe.


Les atteintes fonctionnelles :


Le collapsus inspiratoire de la valve nasale peut être en rapport soit avec une résection du cartilage latéral inférieur, soit avec un angle antérieur de la valve trop aigu, en cas de face longue ou de projection nasale excessive par le septum."
 

Extrait tiré de «L'obstruction nasale - Braccini»

Partager cet article

Repost 0

Commenter cet article