Témoignage de Benoît

24 Août 2016 , Rédigé par SNV Publié dans #Témoignages


     Je vous raconte mon histoire ou plutôt mon cauchemar. Il y a 6 ans, bientôt 7 de cela, pour un problème respiratoire, j'ai fait confiance à un chirurgien ou plutôt "un charcutier" qui m'avait fortement conseillé de faire une turbinectomie inférieure totale pour corriger mon problème respiratoire car  j'avais le nez bouché.

Étant donné que je suis pas chirurgien et faute de ne pas avoir été consulté ailleurs, j'ai fait totalement confiance à cet orl. Me voilà donc quelques jours plus tard opéré et prêt à retirer les mèches pour enfin ressentir le bien fait de cette intervention...

Dans un premier temps, il y a eu les suites opératoires : mèches enlevées, nez donc toujours bouché à cause des caillots de sang et croutes... puis avec les lavages quotidiens, les caillots ont fini par s'évacuer, mon nez se débouchait!

Mais hélàs, j'ai très vite compris et surtout ressenti que quelque chose n'allait pas ! Les symptômes suivant sont apparus : respiration avec un afflux d'air trop important, essoufflements, hyperventilation, air froid, sec et douloureux s'engouffrant dans mon nez : " C'était comme si je respirais du verre pilé climatisé !"

Paniqué et inquiet, j'ai tenté malgré tout de me rassurer en me disant qu'avec le temps je ne ressentirai plus tout cela... Mais hélas, plus les jours passaient, plus ma fatigue extrême, mes douleurs, mon angoisse et mon sentiment d'impuissance face à ce que je vivais ,augmentaient...

Chaque matin, je ressentais une fatigue inexplicable dûe à l'hyperventilation (trop d'air inspiré d'un coup !), des douleurs et bien sur cette angoisse de regret et d'impuissance ! Bien forcé de constater que je ne vivrai plus mes journées mais que je les subirais 24 heures sur 24 !

Je suis alors allé consulter un autre ORL en essayant de lui faire comprendre le calvaire que j'endurais : lui comme "toute ma famille"d'ailleurs entendaient, mais restaient perplexes et ne pouvaient comprendre ce que je vivais ! Ce dernier m'a quand même expliqué que comme j'avais une déviation de la cloison nasale, l'air respiré "frappait" sur mes muqueuses et que c'est pour cette raison que mes douleurs étaient si intenses. Je me suis dis que ce serait peut être la solution, je lui ai fait confiance et ai donc subi une nouvelle opération.

Me volà donc opéré, après le retrait des mèches, à ma première respiration, je n'avais plus cette sensation d'air qui "frappe" contre les parois... Mais, une fois que tout a été cicatrisé:je ressentais toujours cette fatigue extreme(+++) cet air sec et froid semblable au "verre pilé climatisé" et cette sensation amplifiée d'avoir un "NEZ VIDE" que seules les personnes opérées de turbienctomie comprennent... Là encore, je me disais qu'avec le temps, les symptômest disparaitraient!

J'ai tenté de reprendre une vie normale en essayant de ne plus penser à tout cela mais quand on doit encaisser cette fatigue extrême accumulée, ces douleurs insupportables et l'anxiété au quotidien, le mental en prend un sacré coup !!! Et là, DESCENTE AUX ENFERS... Epuiser, essayant de me faire entendre et comprendre aux près des médecins et de la famille. les SOS ne changeaient rien...! Anéantis et seul au monde face à ce que je vivais et subissais à chaque respiration...
 

Résultat : Tentative de suicide, psychiatrie, traitement anti-dépresseur, anxiolytiques :j'étais détruit physiquement, psychologiquement et socialement....Heureusement, j'ai eu de la chance de rencontrer une personne et sa mère qui ont essayé de me comprendre, de m'écouter et de trouver une solution... Pour les douleurs, un médecin m'a préconisé un dérivé de morphine : j'avais moins de douleurs mais toujours les mêmes symptômes décrits précédemment...

En me renseignant sur le Net, j'ai enfin entrevu une lueur d'espoir qui me faisait m'accrocher encore un peu à la vie : "les Bâtonnets d'Acrylique" qui pourraient atténuer mes symptômes... puis l'ASSOCIATION SYNDROME DU NEZ VIDE FRANCE, ENFIN !!!!!!!!!" Je ne suis dit "je suis PAS FOU !!!"
Je ne suis pas seul, malheureusement, à vivre cet enfer ! Immédiatement, j'a contacté et discuté avec la Présidente de l'Association (son mari avait également subit cette opération mutilante..). Je pouvais enfin expliquer ce que je ressentais  autant physiquement que psychologiquement tout en me faisant comprendre !!! Un soulagement inexplicable...

Ce monsieur m'a dit : "Oui, il y a un moyen non pas de guérir car les cornets ne peuvent ni être greffés, ni remplacés. En revanche, je peux "rectifier" et soulager tout ça". La solution : "Une greffe de conque" (un prélèvement de cartilage derrière les oreilles pour redonner un volume au peu de cornets qu'il me restait pour que l'air soit un peu plus réchauffé et restaurer une certaine pression lors de la respiration (pour ma part on m'avait enlevé 70% des cornets). Une raison de plus de continuer à vivre !

J'ai alors rencontré un grand Professeur sur Nice qui a compris ma détresse et a décidé de m'opérer. J'ai donc subi une première greffe de conque insuffisante (trop de volume d'air à l'inspiration), puis une deuxième greffe, qui cette fois-ci, à améliorer largement ma qualité de vie!

Par la suite, j'ai contacté une équipe mobile anti-douleur où le Médecin Chef avait déjà rencontré des cas similaires après turbinectomie inférieure

Ce dernier m'a prescrit de Lamaline et de Lyrica, à forte dose.

Et depuis, peu à peu, de jour en jour, je reprend goût à la vie, je me reconstruis physiquement et psychologiquement. Je remercie du fond de mon âme ce Professeur, Mr L. C....... (ORL, Chirurgie de la Face et du Coup à NICE) ainsi que l'équipe mobile du Centre Anti-Douleur.

6 ans de souffrance extrême, mais aujourd'hui je peux enfin reprendre une vie supportable meme si elle reste un combat de tous les jours...


Si je peux venir en aide à quelqu'un, lui donner des conseils, surtout n'hésitez pas à me contacter...

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