A la mémoire de Mélisa Champion, décédée du SNV

19 Août 2016 , Rédigé par SNV Publié dans #Témoignages


Témoignage  de Marcelle et Jean-Yves Champion, les parents de Mélisa.
 

     En mémoire de Mélisa, notre fille, décédée le 23 mai 2015 à l’âge de 33 ans.


Mélisa était une personne très sociable et conviviale. Elle avait fait des études dans le tourisme pour devenir hôtesse de l’air. Elle adorait voyager et découvrir d’autres cultures. Lorsqu’elle voyageait, elle se plaignait de douleurs aux oreilles, ce qui l’amena à consulter son médecin de famille puis un spécialiste orl à Québec qui lui proposa une septoplastie car sa cloison nasale était déviée. Ce dernier n’avait jamais mentionné à Mélisa qu’elle subirait une intervention sur ses cornets. Il lui avait seulement dit qu’il voulait faire de la place dans son nez pour que l’air entre plus facilement. Si Mélisa avait été prévenue elle aurait refusé catégoriquement de subir une telle mutilation. Lorsque notre fille récupéra son compte rendu opératoire, celui-ci mentionnait « septorhinoplastie complète et amenuisement cornets inférieurs, bilatérale ». (Opération réalisée en 2007).


Quelques mois après cette intervention, elle n’allait pas très bien et développa plusieurs symptômes dont le premier était la sécheresse nasale. Afin d’évacuer les sécrétions, elle faisait constamment des traitements qui devinrent de plus en plus longs et pénibles qui entrainaient un épuisement et une fatigue extrême. Des allergies et crises d’asthmes s’ensuivirent. En l’absence des cornets inférieurs, le passage de l’air était trop rapide l’air n’était plus filtré, réchauffé et humidifié. Elle avait également des douleurs faciales, aux yeux, aux oreilles, à la gorge et des maux de tête récurrents. Elle avait mal aux poumons et les sentaient « gelés ». Mélisa buvait de l’eau chaude de la chapelure pour atténuer ses douleurs pulmonaires et n’avait plus de sodium dans le sang. À partir de 2008, on lui faisait des vaccins contre ses allergies pour la désensibiliser.


Évidemment, la suite était prévisible : perte d’emploi, qualité de vie déplorable et retour à notre domicile. Avec le temps, son état et sa condition de vie s’étaient considérablement dégradés, si bien qu’elle revit son orl en septembre 2013. Celui-ci constata plusieurs symptômes qu’elle avait développés. En octobre 2013, Mélisa était en arrêt maladie pour syndrome du nez vide et fut hospitalisée en urgence en mai 2014 pour une anaphylaxie (réaction allergique grave, pouvant entrainer la mort).


En mai 2015, notre fille rencontra un autre orl et son diagnostic fut sans appel stipulant que Mélisa avait développé « une paralysie totale de la fonction sinusale, que les tissus, les sinus étaient morts et qu’il n’y avait plus rien à faire ». Il lui conseilla de ne plus se faire opérer car sa muqueuse était gravement atrophiée. Elle préférait savoir la vérité plutôt qu’on lui laisse de faux espoirs. Elle trouva cet orl humain, à l’écoute : il avait pris le temps de lui expliquer les choses.


Son nez était tellement asséché n’assumant plus une fonction respiratoire normale qu’elle devait vivre en permanence avec un appareil AIRVO (humidificateur de débit intégré reçu en 2014). Sans cette machine, notre fille suffoquait automatiquement car il y avait trop d’air qui entrait et c’était trop froid si bien que ses poumons et ses bronches s’enflammaient, ce qui provoquait une crise d’asthme pouvant durer des heures et des heures. Elle ne pouvait plus se dispenser de cette machine sinon les douleurs pulmonaires étaient insupportables comme si ses poumons étaient dans un «ice pack», horrible… ! Elle avait encore été diagnostiquée syndrome du nez vide par cet orl.


Son amie, Carole, atteinte d’une rhinite atrophique suite à une turbinectomie et cautérisation bilatérale des cornets inférieurs, avec qui elle communiquait et qui l’épaulait, lui avait demandé ce qu’elle aimait le plus dans la vie ? Voici ce que Mélisa lui répondit par écrit : « Disons que depuis que je suis invalide et cloitrée chez moi, pluggée à une machine, j’essaie d’apprécier les petits moments de bonheur avec mes proches et j’essaie de trouver la paix dans l’âme pour pouvoir partir tranquille dans un avenir proche…. Je n’ai plus aucune qualité de vie alors ce que j’aime, je ne sais plus car je ne peux plus rien faire ! La maladie m’a affaiblie à un point extrême! J’essaie de m’occuper à la lecture, d’écouter de la musique, lire les journaux, me tenir au courant et prendre des moments de relaxation en ne pensant à rien. Ça fait du bien. »


Peu de temps avant son décès Mélisa écrivit « J’ai fait une prière. J’ai demandé au Seigneur de me faire une place auprès de lui. Je sais que tu m’attends et que ma place est déjà prête dans ton royaume. Vivre en paix et sans souffrance avec toi Seigneur. Je te laisse mon âme danser vers une nouvelle vie dans l’amour pour toujours car la santé, c’est la plus grande richesse au monde. Amen ».


Nous espérons que cette pathologie, syndrome du nez vide soit reconnue par le corps médical car nous ne pouvons concevoir qu’une telle opération puisse occasionner tant de souffrances et causer l’irréparable, la perte de notre enfant.


Nous insistons également sur le fait que notre fille est décédée des suites d’une longue maladie le 23 mai 2015 à notre résidence et ne s’est pas en aucun cas suicidée comme d’autres victimes du SNV.


Ses parents qui garderont à jamais Mélisa dans leur coeur.
Marcelle et Jean-Yves Champion, Canada.

Vidéo de Mélisa Champion

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